23 novembre 2005

Le textile français attend son label

Habillement Le ministre de l'Industrie annonce le lancement d'un label «création française». Il espère ainsi inverser la tendance au déclin des emplois du secteur.

Florentin Collomp

[23 novembre 2005]

LES SUPPRESSIONS d'emplois dans le textile se poursuivent. Les faillites se multiplient. Dernière en date, le producteur de dentelles Desseilles Textiles de Calais vient d'être placé en redressement judiciaire, menaçant 283 emplois. Après une diminution des effectifs de 40% entre 1995 et 2003, la décrue se poursuivait depuis au rythme de 9% par an. La levée des quotas sur les importations chinoises au début de l'année (avant leur réintroduction sur certains produits en juillet) a accéléré la tendance. «Les diminutions d'effectifs se poursuivront cette année mais, dans le même temps, la masse salariale dans l'habillement reste stable, ce qui correspond à une amélioration des compétences», précise le ministre de l'Industrie, François Loos.

«Mode in France»

Pour tenter de redynamiser la filière, le ministère de l'Industrie étudie plusieurs mesures. La plus symbolique, la création d'un label insistant sur une création plutôt qu'une fabrication française, est confirmée (nos éditions du 29 octobre). «Il s'agit d'une marque collective montrant qu'un produit est créé en France et dont la fabrication est lancée en France, même si elle n'y est pas complètement réalisée. Y auraient droit les industriels conservant un certain niveau de production en France, qui reste à négocier», a précisé François Loos hier, lors d'une rencontre avec Le Figaro.

L'intitulé d'un tel label n'est pas encore arrêté. «Dessiné en France», «design by France», «mode française» ou «mode in France» ont été évoqués. Le ministère souhaite toutefois éviter une dénomination trop proche de «made in France» pour éviter toute ambiguïté. Le seuil nécessaire de production locale – vraisemblablement entre 15 et 30% – est en cours de négociation avec l'Union française des industries de l'habillement.

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes sera chargée d'en vérifier l'application. Les Douanes, quant à elles, offriront à ce label une protection contre la contrefaçon. «L'idée est de faire revenir des productions en France», espère François Loos. Le ministre de l'Industrie veut encourager la filière textile à s'organiser pour promouvoir la créativité française à l'étranger. «Il y a un potentiel énorme qui est sous-exploité», estime-t-il. Par ailleurs, il va porter le montant des crédits d'impôt création de 5 à 10%, en y incluant les dépenses de marketing. Il a également demandé à Oseo (l'organisme né du rapprochement de l'Agence nationale de valorisation de la recherche, de la Banque du développement des PME et de l'Agence des PME) de mieux garantir les prêts des entreprises de ce secteur en mal de financement.

«L'industrie est forte quand elle maîtrise toute la chaîne, de la fabrication à la distribution. C'est la marque qui donne de la valeur, pas le prix de revient à la sortie de l'usine. Le danger menace les industriels qui ne sont que façonniers», explique le ministre. Objectif : mieux préparer la levée – en théorie définitive, cette fois – des quotas fin 2007, que cela n'avait été le cas pour l'échéance du 1er janvier dernier.

Posté par cedricben à 04:58 PM - Commentaires [0] - Permalien [#]


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