01 décembre 2005

L'industrie textile française dénonce les "tricheries" chinoises

L'industrie textile française dénonce les "tricheries" chinoises

MARSEILLE, 28 nov 2005 (AFP) - Guillaume Sarkozy, président de l'Union des industries textiles (UIT), a déclaré lundi que les acteurs occidentaux du secteur ne savaient pas "que les Chinois tricheraient à ce point-là" lors de leur entrée dans la compétition mondiale.

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Guillaume Sarkozy - Photo : Philippe Huguen

"On ne savait pas que les Chinois tricheraient à ce point-là", s'est exclamé M. Sarkozy, lors d'un colloque intitulé "330 jours après la fin des quotas" sur les produits textiles chinois, dans le cadre des 2e Rencontres de la Cité euroméditerranéenne de la Mode à Marseille.

"Nous avons en face des partenaires chinois aux pratiques déloyales, qui n'hésitent pas à copier" les créations et dont le "financement des investissements" est sujet à caution, a fustigé le dirigeant patronal, dont l'entreprise textile installée dans la Somme a été placée en redressement judiciaire fin septembre.

L'année 2005 est "absolument catastrophique": les baisses de production atteignent "30% dans la filature et 20% dans le tissage" et le secteur textile et habillement qui compte actuellement 160.000 emplois doit s'attendre à en perdre "environ 50.000 dans les 5 à 6 ans", a-t-il ajouté.

La concurrence chinoise a aussi touché de plein fouet les pays du pourtour méditerranéen où le textile "tient parfois la première place dans les exportations industrielles" et représente 4 millions d'emplois, a souligné Karim Laraki, économiste en développement durable à Rabat.

Entre janvier et septembre 2005, "les exportations marocaines ont baissé de 10 à 15%", a avancé M. Laraki, mettant en avant le lancement de plans triennaux de soutien tant au Maroc qu'en Tunisie pour faire face.

Pour lui toutefois, tous les pays du sud ne sont pas sur un pied d'égalité dans le combat pour une maîtrise des prix notamment en raison du coût de l'énergie: "le kWh coûte 0,045 dollar en Tunisie, 0,07 USD en Turquie et 0,09 USD au Maroc".

L'évolution depuis le début de l'année délivre "un message relativement inquiétant", a estimé Fabrice Hatem, économiste à l'Agence française pour les investissements internationaux.

"L'embryon de complémentarité industrielle qui s'était ébauchée entre l'Europe occidentale et les pays de la zone MEDA par le biais des investissements connaît un ralentissement de croissance", a relevé M. Hatem.

La zone MEDA, programme de partenariat euro-méditerranéen, englobe l'Algérie, l'Autorité palestinienne, Chypre, l'Egypte, Israël, la Jordanie, le Liban, Malte, le Maroc, la Syrie, la Tunisie et la Turquie. 90% de ses exportations textiles partent pour l'Union européenne, où elles ne représentent que le quart des importations.

Ainsi, le secteur du textile-confection absorbait "10% des investissements étrangers en 2003, 6,4% en 2004 et 2,2% en 2005: cette raréfaction des investissements touche particulièrement le Maroc et la Tunisie mais épargne la Turquie", a-t-il détaillé.

Posté par Carol Anne à 02:49 AM - - Commentaires [8] - Permalien [#]


Commentaires sur L'industrie textile française dénonce les "tricheries" chinoises

    Petites questions

    Bonjour

    Qui décide d'acheter à la Chine?
    Qui a décidé la fin des quotas d'importations?
    Qui réalise de confortables marges sur les textiles chinois?
    En répondant à ces questions simples, vous éclairerez le débat.
    Merci

    Posté par latino, 22 décembre 2005 à 10:36 AM | | Répondre
  • MR SARKOZY,donne des leçons!!que n'at-il consacré son énergie à sa propre entreprise....et puis si"tricherie" il y a ,qui achète en masse en CHINE,en INDE,au PAKISTAN ?????sans doute pas le détaillant de ROMORANTIN ou de LAON !!

    Posté par jeanma, 22 décembre 2005 à 04:54 PM | | Répondre
  • M. Sarkozy et Laon

    Re-bonjour, et merci de votre intérêt pour notre blog.

    Je pense que vous avez votre propre idée, nous souhaitons ici animer le débat et serions très heureux de lire vos commentaires.

    Nous vous adressons un petit article sur la situation dans laquelle se trouve Monsieur Sarkozy, son entreprise elle aussi, Tissage de Picardie (Villers Bretonneux, Somme) se trouve sur le sillage des importations massives de textiles chinois en France. Souhaitons lui bonne chance à lui et toutes les autres entreprises textiles dans le même cas.

    http://fr.biz.yahoo.com/30092005/202/textile-la-societe-de-guillaume-sarkozy-placee-en-redressement-judiciaire.html

    Par ailleurs, vous trouverez l’état des lieux de la situation économique de l'industrie textile de l'Aisne, publié par la CCI. Il date d’octobre 2004, nous ne manquerons pas de diffuser les nouvelles données dès leur parution.

    La libération des quotas ne concerne pas qu’une seule ville, un département, une région, un pays…. Elle concerne l’économie mondiale qui doit résister devant ces nouvelles donnes face à la mondialisation. Elle ne concerne pas que l'industrie du textile mais touche aussi d'autres industries.

    La Chine gagne en part de marchés. Nos industriels doivent innover. Les textiles techniques ou à forte valeur ajoutée seront sans doute une issue de secours.

    Soulignons la création de pôles de compétitivités (horizon 2007), pour renforcer le potentiel français (made in France) et pour éviter les délocalisations, autour de projets innovants, ces entreprises bénéficieront d’allègements sociaux, d’exonération d’impôt et de subventions. Souhaitons que ces entreprises trouvent les moyens et le temps nécessaire pour monter ce type de projet.

    http://www.aisneco.com/_upload/conjoncture_textile_octobre_2004_(357_ko).pdf


    Au plaisir de vous lire.

    Posté par Carol Anne, 23 décembre 2005 à 05:02 PM | | Répondre
  • C'est précisément (il l'a reconnu )par manque d'anticipation et de créativité que l'entreprise s'est trouvée en difficulté..

    Posté par jeanma, 24 décembre 2005 à 03:29 PM | | Répondre
  • Réponse à Latino,

    Qui décide d'acheter à la Chine ?
    Ce sont nos importateurs, nos grandes chaînes de distribution, nos vpcistes, nos centrales d'achats, nos détaillants, nos grossistes…
    mais la question est : qui achète ces produits ?
    et bien c'est nous consommateurs. C’est la loi de l’offre et de la demande, nous consommateurs, en tout cas majoritairement, sommes à l’affût de produits de consommation moins chers… Les textiles en provenance de Chine, répondent à notre demande, la main d’œuvre y est très bon marché, y compris les coûts de logistique, ces marchandises restent somme toute très compétitives.

    Cette question par la même répond à la suivante :
    Qui réalise de confortables marges sur l’importation de textiles Chinois ?
    Ce sont ces mêmes acteurs. Mais le grand vainqueur… c’est la Chine, ne voit elle pas avec l’ouverture des marchés et l’abolition des quotas son économie se développer ? elle augmente ses commandes de matières premières, elle produit, elle exporte. Les entreprises étrangères investissent. La Chine est en pleine mutation, et devient de ce fait un marché potentiellement intéressant, d’autres industries bénéficient de cette explosion économique.

    Enfin Qui a décidé de la fin des quotas d’importation ?
    Ce sont tous les pays signataires des accords de l’organisation mondiale du commerce (OMC).

    Voici quelques liens pour comprendre la libération des quotas.

    Qu'est-ce que l'OMC ?
    http://www.wto.org/french/thewto_f/whatis_f/whatis_f.htm

    Les accords de l'OMC
    http://www.wto.org/french/docs_f/legal_f/legal_f.htm

    Accord relatif aux textiles et aux vêtements (ATV)
    http://www.wto.org/french/docs_f/legal_f/ursum_f.htm#cAgreement

    Textiles : retour au régime normal
    http://www.wto.org/french/thewto_f/whatis_f/tif_f/agrm5_f.htm

    Au plaisir de vous lire... le débat est ouvert !

    Posté par Carol Anne, 26 décembre 2005 à 10:10 AM | | Répondre
  • Réponse à Jeanma

    Bonjour Jeanma,

    La libération des contingents a démarré le 1er janvier 1995 et s’est déroulée en 4 phases successives sur 10 ans pour s'achever le 1er janvier 2005, ce par catégories de textiles et matières. Elle aurait dû normalement permettre aux industriels de se préparer.

    Nous en avons parlé dans un article intitulé Big Bang Textile 2005 : analyse par catégories tests, c’est une étude qui émane de l’IUT.

    Nous serions très intéressés de comprendre comment et pourquoi certains de nos industriels du textile n’ont sû faire face et espérons obtenir leur témoignage.

    Bonne et heureuse année.

    Posté par Carol Anne, 03 janvier 2006 à 10:10 AM | | Répondre
  • industriels du textile et prévoyance

    La plupart des industriels textiles pèchent par manque de vision à long terme,ils réagissent plus ou moins bien,au jour le jour en fonction de la conjoncture.En fait ils sont devenus marchands,et donc sans états d'âme sur la provenance et le mode de fabrication des produits.Les exemples - si l'on peut dire - de firmes comme NIKE,GAP,REEBOK illustrent bien l'état du marché.En même temps si nous voulons que les pays du tiers ou quart monde,aient une vie décente,il faut bien qu'ils aient quelque chose à nous vendre;le textile étant l'industrie la plus simple(mis à part les produits techniques,mais pour combien de temps ? )ils ont choisi cette voie,mais évolueront à l'instar des pays du MAGRHEB,confrontés eux aussi à cette nouvelle donne.

    Posté par jeanma, 21 janvier 2006 à 04:56 PM | | Répondre
  • bonjour, pourriez-vous me donner la répartition des importations de la france pour 2005. merci

    Posté par lucie, 12 février 2006 à 03:34 PM | | Répondre
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