05 décembre 2005

La filière textile veut sauver ses protections douanières

L'Union des industries textiles prône la fermeté face au raz-de-marée chinois.

Florentin Collomp

[03 décembre 2005]

APRÈS l'envol spectaculaire des importations venant de Chine cette année, la filière textile française s'inquiète des négociations à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui se tiendront du 13 au 18 décembre à Hongkong. «L'Union des industries textiles (UIT) préfère qu'il n'y ait pas d'accord plutôt que d'accepter un libre échange unilatéral», a affirmé hier Guillaume Sarkozy, président de cette fédération du Medef, lors d'une conférence de presse. Selon lui, l'Europe a suffisamment fait d'efforts dans l'ouverture à la concurrence mondiale. Au point d'en payer le prix aujourd'hui.
«Depuis 1994, l'Europe a réduit de 22% ses tarifs douaniers, laissant les importations de textile-habillement progresser d'un milliard d'euros par an, poursuit Guillaume Sarlozy. Or nous n'avons pas eu de concessions réciproques des pays tiers.» A l'entrée de l'Europe, les droits de douane sont de 4% sur les tissus et de 12% (soit 8% en moyenne) sur les articles d'habillement. La plupart des pays affichent des droits supérieurs, avec même des pics à 50, voire à 60% sur certains produits. L'UIT réclame donc une négociation sectorielle à Hongkong pour harmoniser ces tarifs, avant toute dérégulation des échanges.
Preuve de l'enjeu : l'invasion de produits chinois constatée cette année. La Chine s'est arrogé 40% des importations européennes de textile-habillement, soit dix points de plus en un an, malgré le retour des quotas sur dix catégories de vêtements (chemisiers, pantalons, pulls...) en juillet.

Chute de l'emploi

Conséquence : les emplois du secteur ont chuté de 6% sur les six premiers mois de l'année – et de 25% dans le tissage de laine ou de 30% dans la filature. L'Europe s'est ainsi vu reléguer au second rang des exportateurs de textiles dans le monde derrière la Chine. «A l'exception de l'Inde, du Pakistan, du Bangladesh et de la Turquie, tous les exportateurs de vêtements perdent des parts de marché», constate Guillaume Sarkozy. Le Maghreb recule ainsi de 10%, l'Indonésie de 17%, le Vietnam de 10%... Au-delà des quelque 150 000 emplois qui restent en France dans la filière, il s'agit de préserver l'avenir des quelque 6 à 7 millions d'emplois chez nos partenaires de la zone Paneuromed (UE, Europe de l'Est, Maghreb, Turquie).

Posté par cedricben à 10:35 PM - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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